Salon et conférence internationaux du pétrole d'Abu Dhabi (ADIPEC) à Abu Dhabi
TotalEnergies s'attend à ce que la demande mondiale de pétrole atteigne son pic entre 2035 et 2040, a déclaré lundi Aurélien Hamelle, directeur du développement durable, précisant que celle-ci pourrait ensuite connaître une baisse accélérée si les ventes de véhicules électriques continuaient de progresser.
Le rapport annuel de perspectives énergétiques de l'entreprise prévoit une augmentation de cette demande, avant une stabilité au cours des années 2030, puis un lent déclin. Les attentes de l'année dernière tablaient sur une hausse jusqu'en 2040, suivie d'une décroissance progressive.
Selon ce rapport, la crise des marchés de l’énergie déclenchée par la guerre américano-israélienne contre l’Iran pourrait toutefois servir d'"accélérateur" de la transition énergétique, soulignant une forte hausse des ventes de véhicules électriques en Asie, en Amérique latine et en Europe.
Il montre également un renforcement des exigences en matière de mélange de biocarburants, qui influencent les modes de consommation énergétique.
UN CONTEXTE GÉOPOLITIQUE ENTRAÎNANT UNE HAUSSE DES PRIX
Lors d'une présentation de ce rapport, Patrick Pouyanné, président-directeur général (PDG) du groupe, a assuré que l'idée d'une pénurie de gaz est erronée".
Il a ajouté que les Européens devront néanmoins payer plus cher pour garantir un approvisionnement suffisant.
Ces remarques interviennent alors que le continent est en concurrence avec l’Asie pour s’assurer des livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL) tout en s’efforçant de remplir ses sites de stockage avant l’hiver, dans un contexte géopolitique incertain.
Cette situation a entraîné une hausse des prix du gaz au cours de l’été, période durant laquelle les négociants jugent généralement plus rentable de stocker des volumes que de les vendre.
Les cuves allemandes, les plus grandes d’Europe, entament la saison hivernale à leur plus bas niveau jamais enregistré. Elles n’étaient remplies qu’à 61,03% au 1er novembre, bien en deçà de la moyenne de l’Union européenne, qui s’établit à 74,62%, selon les données de Gas Infrastructure Europe.
(Dominique Patton et Dimitri Rhodes, rédigé par Rihab Latrache, édité par Augustin Turpin)

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